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Le 9 mai 2004
Chère Valérie, ...au matin. J'ai commencé à corriger mon script PHP à 5 heures moins le quart, il fonctionne de façon satisfaisante à 6h10, alors j'attaque mon courrier... En fait, je N'ESSORE PAS LA SÉCU, puisque je suis malade. Mais cette maladie, où l'on ne saigne pas davantage qu'on y a la fièvre, et que les autres dénient (tant, du moins, qu'ils ne l'ont pas eue eux-mêmes :-) ne va pas sans une ontologique culpabilité. Moi-même, ô combien souvent j'ai dénié toute réalité à ce mal. La dépression est pourtant une vraie maladie, fatale dans 15% des cas, crois-je avoir lu, et qui, contrairement aux idées reçues particulièrement bornées qui courent dessus, attaque tout autant dans les pays pauvres que dans les pays riches. Mais cette maladie est souvent mal diagnostiquée et mal soignée, et elle fragilise tant ses récepteurs que dans un pays sans un bon système de soins, ils ne peuvent être que très rapidement exclus du système social. En France même, la précarisation en résulte presque systématiquement. Tout ça pour redire, sans ressentiment ni aucune intention, que, non, je ne profite pas trop du printemps :-) En tout cas, aujourd'hui, je mesure ma chance ! Je suis suivie, soignée, protégée d'une façon qui me montre à quel point je ne l'ai jamais été correctement auparavant... Et ça tombe à pic ! C'est arrivé alors que j'étais en CDI dans une grosse boîte. Dieu(x) a tout fait pour que je puisse enfin me confronter pleinement à ce problème.
En attendant, je dors davantage (et je grossis, bêrk, ça c'est un mauvais côté des médocs...), le traitement a enfin ralenti la force inertielle de la vitesse de rotation de la machine folle qui me tient lieu de tête. La psychose s'éloigne. Les médicaments « m'arriment », c'est le meilleur terme que j'ai trouvé à ce propos. Du coup, j'écris moins. Et j'écluse enfin la fatigue que j'avais accumulée. Voilà, voilà, désolée, je devais le dire, hugh...
Ceci dit, je "profite" quand même un peu :-D.
Je te remercie énormément d'avoir pensé, ainsi, à m'envoyer un petit courriel pour me dire ton essorage par la SAUR (que d'eau !). J'espère que tu vas bientôt sortir, et entière, de ce boulot, qui n'aura heureusement qu'un temps.
Tu ne vas pas trop bien, me dis-tu. Puis-je t'aider en quelque chose ? Au fait, tu peux m'appeler au [...] numéro de ma FreeBox (qui va avec l'ADSL), ça ne coûte que le prix d'un appel local...
A bientôt, I hope.
Marie-Dominique B. |
Lundi 10 mai 2004
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Le 12 mai 2004
Chère Valérie, Aujourd'hui, dans ma boîte aux lettres, se trouvait une missive de Jean-François, à qui j'ai écrit il doit y avoir un grand mois ou deux petits. Il y a joint une lettre de mamée « qui avait été égarée parmi les papiers de son grand-père ». Cela m'a énormément touchée de lire cette lettre, ce pourquoi je te la scanne et te l'envoie en péji. En 1980... apparemment je venais de louper mon bacc, tout ceci ne nous rajeunit pas :-) Et puis je vais aller promener ma nostalgie au Bois de Boulogne... Bien que ce soit dangereux, le bois de Boulogne. L'autre jour je m'y suis fait asperger de boue, non par une voiture, ni par un cycliste, mais par un jogueur à pied !!... À l'heure qu'il est, trois jours après, pour ne plus attendre ses excuses, j'ai dû me les faire toute seule... :-) Seule sur mon chemin, sous la bruine, éclaboussée de boue, « Excusez-moi », me suis-je dit. Y a pas de doute, j'ai un entraînement certain pour l'autarcie. Mais aujourd'hui, il fait beau. Je vais aler dire bonjour à la famille canard et à ses adorables canetons. La vue d'un caneton me donne presque foi en dieu(x). Ce doit être une question de duvet. Je t'embrasse. Marie-Dominique |
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Le 15 mai 2004 en fin de journée,
Bonsoir Valérie, J'espère que tes larmes, à la lecture de la lettre de mamée (moi j'ai toujours mis un "e" final, alors je continue :-), n'étaient pas de mauvaises larmes. Même si je ne sais pas très bien ce que j'entends par là...
Je suis désolée de ne plus te lire, mais surtout parce que je suppose t'avoir blessée. C'est l'inconvénient des relations épistolaires, les mots sont durs à rattraper. Si tel est le cas, remettons à plat et repartons d'un tendre pied, non ? D'autant que les désaccords n'ont rien, en soi, de rédhibitoire. Mieux vaut en avoir et les avouer que feindre que tout baigne :-) Sans compter que ce n'est pas parce que l'harmonie n'est pas toujours là que tout ne baigne pas. Avoir une relation, c'est accepter tous ses aspects. Bon, j'arrête là avant de dévider une telle somme de clichés que, sans le vouloir, j'aurai soigné chez toi toute velléité d'insomnie :-D Je n'ai pas vu mes canetons, aujourd'hui. Comme je n'y suis passée qu'en fin d'après-midi, j'ai peut-être dépassé leurs horaires de présence au Lac. Ou bien, comme c'est samedi, ils ont fui les canoteurs. Ou alors ils ont grandi et je ne les ai pas reconnus.
Je te souhaite une heureuse fin de week-end. Au soleil, chez vous aussi ? Ici, il fait un temps de rêve. Dommage que LES GENS en profitent pour sortir leur ouature (comme dirait peut-être pôpâ).
Marie-Dominique B. |