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   Mai 2004
DERNIERE MISE A JOUR LE 17/05/2004
9 | 10 | 12 | 15

 
Dimanche 9 mai 2004

Courriel envoyé à Valérie B. :
À  :  "Valerie" <--->
Date  :  Sun, 09 May 2004 07:08:49 +0200
Sujet  :  J'essore la Secu :-(
Le 9 mai 2004

Chère Valérie,

...au matin. J'ai commencé à corriger mon script PHP à 5 heures moins le quart, il fonctionne de façon satisfaisante à 6h10, alors j'attaque mon courrier...

En fait, je N'ESSORE PAS LA SÉCU, puisque je suis malade. Mais cette maladie, où l'on ne saigne pas davantage qu'on y a la fièvre, et que les autres dénient (tant, du moins, qu'ils ne l'ont pas eue eux-mêmes :-) ne va pas sans une ontologique culpabilité.

Moi-même, ô combien souvent j'ai dénié toute réalité à ce mal. La dépression est pourtant une vraie maladie, fatale dans 15% des cas, crois-je avoir lu, et qui, contrairement aux idées reçues particulièrement bornées qui courent dessus, attaque tout autant dans les pays pauvres que dans les pays riches. Mais cette maladie est souvent mal diagnostiquée et mal soignée, et elle fragilise tant ses récepteurs que dans un pays sans un bon système de soins, ils ne peuvent être que très rapidement exclus du système social. En France même, la précarisation en résulte presque systématiquement.

Tout ça pour redire, sans ressentiment ni aucune intention, que, non, je ne profite pas trop du printemps :-)

En tout cas, aujourd'hui, je mesure ma chance ! Je suis suivie, soignée, protégée d'une façon qui me montre à quel point je ne l'ai jamais été correctement auparavant... Et ça tombe à pic ! C'est arrivé alors que j'étais en CDI dans une grosse boîte. Dieu(x) a tout fait pour que je puisse enfin me confronter pleinement à ce problème.
Ce que je tâche...

En attendant, je dors davantage (et je grossis, bêrk, ça c'est un mauvais côté des médocs...), le traitement a enfin ralenti la force inertielle de la vitesse de rotation de la machine folle qui me tient lieu de tête. La psychose s'éloigne. Les médicaments « m'arriment », c'est le meilleur terme que j'ai trouvé à ce propos. Du coup, j'écris moins. Et j'écluse enfin la fatigue que j'avais accumulée.

Voilà, voilà, désolée, je devais le dire, hugh...
La dépression c'est comme l'alcoolisme : les gens croient le comprendre en l'assimilant à des trucs qu'ils ressentent eux-mêmes, comme boire trop un soir ou avoir un coup de baisse de moral un matin, alors que ça n'a vraiment rien à voir.

Ceci dit, je "profite" quand même un peu :-D.
Surtout par le temps dont je dispose, véritable richesse. Puis, car je tâche d'aller me promener au Bois les jours de non-pluie. Et parce que j'apprends à faire une soupe après l'autre : soupe de pois cassés (la plus facile), puis soupe de potiron, soupe de lentilles, soupe de légumes, et, hier, soupe de poireaux. Mais pour les deux dernières, j'explose complètement le temps prévu pour la préparation. Apparemment, avec les poireaux, je ne suis pas douée !

Je te remercie énormément d'avoir pensé, ainsi, à m'envoyer un petit courriel pour me dire ton essorage par la SAUR (que d'eau !). J'espère que tu vas bientôt sortir, et entière, de ce boulot, qui n'aura heureusement qu'un temps.
J'espère qu'on pourra se croiser cet été, à Paris ou ailleurs.
J'espère que nous poursuivrons cette correspondance.
J'espère en ta patience et ton indulgence à mon endroit.

Tu ne vas pas trop bien, me dis-tu. Puis-je t'aider en quelque chose ? Au fait, tu peux m'appeler au [...] numéro de ma FreeBox (qui va avec l'ADSL), ça ne coûte que le prix d'un appel local...
Prends soin de toi, toujours :-) Je sais pas si t'es comme moi, mais je supporte beaucoup mieux mon mal-être que celui des autres, en tout cas que le tien...

A bientôt, I hope.
Bisous à ceux que je connais : Baptiste et Sélène. Mon bonjour aux autres.

Marie-Dominique B.

 
Lundi 10 mai 2004

Rêve dans la nuit du 9 au 10 mai 2004 :
J'attends de prendre un avion avec ma mère. Je suis jeune femme et j'ai un sac à dos. Nous commençons à être en retard. Notre avion part très bientôt et nous sommes encore dans la file d'attente des billets. La foule est compacte. À un moment, je pleure parce que j'ai peur de l'avion et qu'il y en a au moins pour 10 heures de voyage.
Ma mère passe à l'édition du billet. Il y a un type entre elle et moi, qui décide de faire passer avant lui une femme « parce qu'elle est pressée ». Je lui explique que moi aussi, et que je prends le même avion que ma mère. Il est embêté et ne sait pas quoi faire. Je lui dis d'accord pour la femme, mais vite, et qu'il ne laisse passer personne d'autre.
Je finis par passer à mon tour à la composition du billet. La commande des billets de fait via un distributeur qui fabrique une plaque d'argile où le départ de l'avion s'imprime en gros chiffres irréguliers, en relief et de couleur, comme pour quelque chose qui est destiné aux enfants. Je n'arrive pas à composer mon billet, je me trompe d'heure. Mais impossible de corriger. Le bouton « Restart » ré-imprime le même billet sans donner la possibilité de le modifier. Je paye avec ma carte bleue Mastercard.
Ensuite, billet, reçu et carte encore en main, je n'arrive pas à remettre mon sac sur les épaules tant il est lourd. Je demande à ma mère de m'aider mais elle ne m'écoute pas. Je le lui demande en pleurant, mais en vain.
Nous sommes les dernières de la file, encore loin du terminal, il y a toujours beaucoup de monde autour de nous, il est 18 heures 40 alors que notre avion par à 18h44 et quelques. Il paraît raté.

Autre rêve dans la nuit du 9 au 10 mai 2004 :
Pour mon anniversaire, mon père m'offre un rail de chemin de fer de 1932, année de son entrée à la SNCF selon mon rêve. Le rail est également large (L) de 132, c'est gravé dessus. Plus tard, je retrouve d'autres amis, dont Hubert C., qui m'explique qu'il doit absolument aller chez le médecin pour un mauvais problème de jambes.

 
Mercredi 12 mai 2004

Courriel envoyé à Valérie B. :
À  :  "Valerie" <--->
Date  :  Wed, 12 May 2004 13:52:40 +0200
Sujet  :  Lettres de JF et de mamee
Le 12 mai 2004

Chère Valérie,

Aujourd'hui, dans ma boîte aux lettres, se trouvait une missive de Jean-François, à qui j'ai écrit il doit y avoir un grand mois ou deux petits. Il y a joint une lettre de mamée « qui avait été égarée parmi les papiers de son grand-père ».

Cela m'a énormément touchée de lire cette lettre, ce pourquoi je te la scanne et te l'envoie en péji. En 1980... apparemment je venais de louper mon bacc, tout ceci ne nous rajeunit pas :-)

Et puis je vais aller promener ma nostalgie au Bois de Boulogne...

Bien que ce soit dangereux, le bois de Boulogne. L'autre jour je m'y suis fait asperger de boue, non par une voiture, ni par un cycliste, mais par un jogueur à pied !!... À l'heure qu'il est, trois jours après, pour ne plus attendre ses excuses, j'ai dû me les faire toute seule... :-) Seule sur mon chemin, sous la bruine, éclaboussée de boue, « Excusez-moi », me suis-je dit. Y a pas de doute, j'ai un entraînement certain pour l'autarcie.

Mais aujourd'hui, il fait beau. Je vais aler dire bonjour à la famille canard et à ses adorables canetons. La vue d'un caneton me donne presque foi en dieu(x). Ce doit être une question de duvet.

Je t'embrasse.

Marie-Dominique

 
Samedi 15 mai 2004

Courriel envoyé à Valérie B. :
À  :  "Valerie" <--->
Date  :  Sat, 15 May 2004 19:50:54 +0200
Sujet  :  Sainte Denise
Le 15 mai 2004 en fin de journée,

Bonsoir Valérie,

J'espère que tes larmes, à la lecture de la lettre de mamée (moi j'ai toujours mis un "e" final, alors je continue :-), n'étaient pas de mauvaises larmes. Même si je ne sais pas très bien ce que j'entends par là...
Moi aussi, j'ai pleuré, mais un peu seulement, pas du tout au point que les larmes m'aveuglent. J'ai repensé à mamée avec tendresse, et cela m'a rappelé, justement, que le monde peut avoir de la tendresse à mon égard : si quelqu'un en a été le vecteur, c'est bien mamée !

Je suis désolée de ne plus te lire, mais surtout parce que je suppose t'avoir blessée. C'est l'inconvénient des relations épistolaires, les mots sont durs à rattraper. Si tel est le cas, remettons à plat et repartons d'un tendre pied, non ? D'autant que les désaccords n'ont rien, en soi, de rédhibitoire. Mieux vaut en avoir et les avouer que feindre que tout baigne :-) Sans compter que ce n'est pas parce que l'harmonie n'est pas toujours là que tout ne baigne pas. Avoir une relation, c'est accepter tous ses aspects.

Bon, j'arrête là avant de dévider une telle somme de clichés que, sans le vouloir, j'aurai soigné chez toi toute velléité d'insomnie :-D

Je n'ai pas vu mes canetons, aujourd'hui. Comme je n'y suis passée qu'en fin d'après-midi, j'ai peut-être dépassé leurs horaires de présence au Lac. Ou bien, comme c'est samedi, ils ont fui les canoteurs. Ou alors ils ont grandi et je ne les ai pas reconnus.
Ma foi va devoir s'appuyer sur d'autres étais, sur des métaphores peut-être moins spontanées que le caneton confiant et duveteux, mais efficaces nonobstant.

Je te souhaite une heureuse fin de week-end. Au soleil, chez vous aussi ? Ici, il fait un temps de rêve. Dommage que LES GENS en profitent pour sortir leur ouature (comme dirait peut-être pôpâ).
Gros bisous. Prends soin(s) de toi.

Marie-Dominique B.