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Articulets 2003
DERNIERE MISE A JOUR LE 26/04/2004
Mur | Roman de bureau | Jargon correct | Chasse aux gros | Tueurs | Trop psy | Chômage-santé | Ça l’fait

Le Mur en Israël Le mur
Pour les Palestiniens, c'est le « mur de l'apartheid ». Pour les Israéliens, une « clôture de sécurité ». Pour George Bush, un « problème ». Au-delà de la querelle sémantique, les chiffres : le... « truc », appelé à faire le tour de la Cisjordanie, fait déjà 150 kilomètres de long, souvent en béton, et atteint 8 mètres de haut. Des « annexes » sont édifiées autour de cinq colonies. Ce qui n'empêche pas le gouvernement Sharon de proclamer que le tout a pour but « de sauver des vies, pas d'annexer des territoires ».
Mais 2003, c'est aussi le réveil des grandes consciences juives : Ami Ayalon et la pétition pour la paix, Yossi Beilin et le plan de Genève, Avraham Burg et des phrases comme celle-ci : « Cette perversion du sionisme que sont les colons et la droite affecte de façon mortelle toute notre société. »
V.R. - Télérama n° 2815 du 24 décembre 2003

Le Roman fait son entrée au bureau
Pigier désirait dépoussiérer son image. Hyaka a conçu pour la société de formation, fondée il y a plus de 150 ans, une de ses “fictions d'entreprise”.
Gervais Pigier et son fils Emile sont de retour dans la société de formation qu'ils ont fondée en 1850. Les deux fantômes, redingote et barbe taillée, essaient de comprendre les enjeux actuels de Pigier. Et en profitent pour transmettre leur expérience aux actuels dirigeants... Cet anachronisme est tout droit sorti de l'imagination d'Anne-Caroline Paucot, fondatrice en 2001 de Hyaka, une agence spécialisée dans la “fiction d'entreprise”. Elle propose cet outil original - le roman - à des sociétés qui souhaitent communiquer, en interne mais aussi en externe, sur des problèmes bien définis. Ainsi, Conte de faits, nouvelle de trente-six pages qui sera distribuée en décembre à cinq mille exemplaires aux salariés et partenaires de Pigier, a pour objectif de rajeunir l'image vieillotte de l'entreprise. « L'exercice permet de faire passer le message de manière ludique et légère », dit Philippe Grassaud, PDG du groupe, pour qui « l'objet en lui-même a déjà une force séductrice ». «  C'est une communication extrêmement attractive, grâce à l'émotion que seul le roman peut véhiculer », renchérit Anne-Caroline Paucot.
Ancienne journaliste, cette romancière d'un genre nouveau revendique déjà une quinzaine de créations. Elle facture ses ouvrages entre 10 000 et 25 000 euros, en fonction du travail d'enquête à effectuer en amont de l'écriture, à ses clients, parmi lesquels Michael Page et l'ANPE côtoient Renault et Arcelo. Elle a ainsi créé Calambo, le détective en organisation, ou Henri Voltaire, le consultant en "reengineering" des hommes. Des héros fictifs pour tenter d'alerter sur des enjeux qui sont bien réels.
Manuel Jardinaud
Courrier cadres n° 1514 - 20 novembre 2003 (p. 9)

Courrier cadres n° 1514 - 20 novembre 2003 (p. 30-31)

Chasse aux gros

Lorsque George W. Bush est arrivé au pouvoir, il avait prévu de lancer une vaste campagne nationale de lutte contre l'obésité. Depuis, il a été accaparé par d'autres questions. Mais dans ce pays où 52 % des personnes sont en surcharge pondérale (et 20 % obèses), il ne se passe pas une semaine sans qu'un nouveau régime ne fasse la « une ».
A l'heure où les fast-foods ont décidé de proposer des menus « light » et où les écoles découragent les distributeurs de sucreries, les entreprises ont décidé de se lancer elles aussi dans la lutte. Dans les nouveaux locaux du géant des télécommunications Sprint au Kansas, les ascenseurs sont exigus et lents, les parkings à plus de 500 mètres de l'entrée. Mauvaise conception ? Pas du tout : à la demande de Sprint, les architectes ont tout fait pour forcer les employés à marcher davantage. Au nouveau siège de Capital One, la cantine a été construite à l'extérieur du bâtiment contrairement à la tradition américaine qui la plaçait au centre des immeubles. A Union Pacific, où 54 % des 48 000 employés sont en surcharge pondérale, la DRH a fait fonctionner ses calculettes et découvert qu'en réduisant le poids de ses salariés, l'entreprise pourrait faire des économies sur les accidents du travail et les congés maladie liés à l'obésité. Pour chaque point de pourcentage gagné, elle économiserait 1,7 million de dollars.
Thomas Cantaloube
Courrier cadres n° 1512 - 6 novembre 2003 (p. 13)

Ces tueurs qui ont inspiré le cinéma
Certains tueurs ont inspiré tellement d'effroi au public à la découverte de l'ignominie de leurs crimes que les scénaristes s'en sont emparés pour raconter leurs histoires dans des films. Des noms comme Ted Bundy ou Charles Manson sont dans toutes les mémoires. Pourtant il en est un qui commit des atrocités difficilement racontables et dont le public a très peu entendu parler : Ed Gein, nécrophile et cannibale.
[...] Ed Gein commença à commettre ses crimes en 1954. Il déterre de nombreux cadavres de femmes dans les environs de Plainfield, dans le Wisconsin. Sur ces corps, il pratique le cannibalisme. [...] Après avoir exhumé les corps des femmes, il découpait des parties de peau pour s'en vêtir. C'est après le refus des médecins pour son opération en vue de devenir une femme, qu'il commença ses pratiques nécrophages. Il découpait le visage de ces femmes pour le porter devant son propre visage et faisait tenir cet horrible masque mortuaire avec une simple ficelle. Le scénariste Ted Tally fut tellement impressionné qu'il calqua dessus son personnage de Buffalo Bill dans Le Silence des Agneaux.
Ed Gein vécut sous la domination d'une mère possessive. Enfant brimé, il se vengeait sur les femmes. Le personnage de Norman Bates dans Psychose d'Alfred Hitchcock est une extension de Ed Gein. Comme lui, il gardait la chambre de sa mère fermée et très propre, alors que le reste de sa maison était dans un désordre indescriptible.
Ses pratiques cannibales ont choqué l'Amérique profonde. Quand la police découvre chez lui des restes de cadavre en train de mijoter, c'est le comble de l'horreur qui est atteint. Les enquêteurs trouveront même des bouts de cadavres éparpillés dans la maison. Il est condamné et interné dans un asile. Il y mourra en 1984.
Tobe Hopper va lui aussi s'inspirer des pratiques cannibales de Ed Gein pour créer sa famille d'anciens bouchers des abattoirs, mis au chômage par l'automatisation et devenus d'horribles anthropophages. [...] (Massacre à la Tronçonneuse)
COLLECTION Un MAXX de FRISSONS n° 3 de novembre 2003

N'en fait-on pas un peu trop ?

Plusieurs études, dont le magazine L'Express s'est fait l'écho dans son édition du 20 mars, tendraient à montrer que le débriefing systématique des victimes d'accidents ou de traumatismes ne servirait pas à grand-chose. L'hebdomadaire fait en particulier référence à un rapport de l'Académie royale de médecine portant sur l'intervention de psy sur d'anciens soldats de la guerre du Golfe de 1991. Il montrerait que ceux qui ont reçu une assistance psychologique ne se portent pas mieux que les autres. Des chercheurs de l'université de l'université d'Amsterdam auraient obtenu les mêmes résultats dans sept enquêtes similaires réalisées auprès d'anciennes victimes de fausses couches, de crimes violents ou de scènes de guerre. Et de conclure sur une étude menée en Israël selon laquelle parmi des patients ayant subi une crise cardiaque, ceux qui n'ont bénéficié d'aucune assistance s'en seraient sortis mieux que les autres. À méditer...
Dossier Familial n° 340 - mai 2003

Le chômage, c'est la santé ?
Un chercheur américain en économie affirme avoir établi que l'état de santé de ses concitoyens s'améliore en période de récession et se dégrade quand le business va mieux. En croisant les chiffres du chômage avec les données collectées aux Etats-Unis par le Centre fédéral de contrôle des maladies, Christopher J. Ruhm assure que le taux de mortalité, le nombre et la gravité des maladies, mais aussi la propension à l'obésité et la consommation d'alcool et de cigarettes, diminuent notablement quand la conjoncture est morose. Principale explication avancée : les personnes en recherche d'emploi ont tout simplement plus de temps pour s'occuper d'elles : plus de sport, des nuits complètes et des repas équilibrés...
Mais chaque médaille a son revers. Si la santé physique s'améliore, c'est le moral du chômeur qui souffre, avec une augmentation des chiffres du suicide et des maladies mentales...
www.uncg.edu/eco/cjruhm/papers/brfhlth3.pdff
(lien non trouvé, donc nouveau lien suggéré : ) www.uncg.edu/eco/cjruhm/papers/brfhlth4.pdf
Courrier cadres n° 1479 - 13 février 2003 (p. 11)

La Normandie, berceau d'une expression qui se veut branchée
P’t-êt’ ben qu’ça l’fait !
L'expression « ça l’fait » (et sa variante « ça va pas l’faire ») ponctue les discussions de tous les jours. Exemple : « T’as vu ses pompes ? Ça l’fait, non ? », pour « elles sont classe » ou « il les porte bien ». Vous pensiez la jouer urbain, genre « je-vis-bien-avec-mon-temps », en utilisant cette locution elliptique et fourre-tout ? Raté ! Sachez que c'est une expression traditionnelle qui viendrait de Basse-Normandie ! Selon nos informations, on en trouve des traces du Cotentin au pays de Caux. Alors, comment « ça l’fait » a-t-il bien pu s'imposer ? Les Normands auraient-ils une influence grandissante dans les médias, qui propagent le vocable ? Ou bien déserteraient-ils leur campagne, ramenant ainsi dans nos villes leur patois ? « Peut-être bien que oui, peut-être bien que non ! » La chasse étymologique est ouverte, en tout cas.
Jean-Philippe Pisanias
 Télérama n° 2757 - 13 novembre 2002