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Articulets 2005
DERNIERE MISE A JOUR LE 05/05/2005
Cerfs | Mobiles | PediBus | Reptiles | Tévé | Visage

Iguane

Une étude quasi ethnologique met en lumière les comportements liés au téléphone mobile
Ces fous parlants et leur drôle de machine
Vous n'avez aucun coup de fil à passer ? Pas grave, vous dégainez quand même votre portable, histoire de vérifier l'heure, la batterie, le réseau, et... vous passez la journée à le manipuler comme ça, sans cesse ni but. Inutile de nier : des chercheurs vous ont vu. Dix universitairse du Celsa, l'école des sciences de l'information et de la communication de la Sorbonne, ont passé six mois à vous observer dans les cafés, bureaux, bibliothèques, pour une vaste étude commandée par l'Association française des opérateurs mobiles.
Premier constat : l'utilisateur de portable est compusif. « On a calculé que ceux qui entraient dans la gare du Nord n'attendaient jamais plus de deux minutes avant de sortir leur téléphone, explique Joëlle Menrath, chargée de cours au Celsa. C'est même devenu un rituel d'installation dans les lieux publics. » Et les appels ? On les passe de partout, souvent à voix haute, sans peur de gêner un voisin qu'on juge équipé (comme 72 % des Français), et donc compréhensif. Les ethnologues parlent de « communauté compatissante ».
Mais leur champ d'étude ne s'arrête pas là. Le rapport, qui sera publié mi-mai, s'attaque aussi à la représentation du portable dans l'imaginaire collectif. Au cinéma, par exemple. Les réalisateurs des années 90 l'utilisaient comme signe extérieur de richesse : dans Pretty Woman ou Wall Street, le portable favorisait ainsi l'« effet Rolex ». Une fois démocratisé, il sert plutôt de ressort dramatique. Capable de susciter des gags, comme ce bon vieux « Je vais passer sous un tunnel », qui coupe court à la conversation (La vérité si je mens ! 2). Ou des péripéties : « Dans la série 24 Heures chrono, le téléphone a supplanté l'arme dans la panoplie du héros, soutient Joëlle Menrath. C'est le fait que Jack Bauer soit joignable ou non qui crée le suspense. » A se demander ce qu'auraient inventé Tati ou Hitchcock avec pareil objet...
Erwan Desplanques - Télérama n° 2883 du 13 avril 2005

Bambi devient une machine tueuse... Haïda Gwaii,
un laboratoire grandeur nature
Documentaire de Michel Goqblin (France, 2003). [...]
Vous le croyiez inoffensif ? Bondissant au détour d'un chemin de campagne, disparaissant dans les fourrés épais, qu'il est mignon le cerf, léger et innocent... Sauf que le cousin de Bambi est tout à fait capable de se transformer en une machine tueuse perfectionnée, à la mastication implacable. Sur son passage, les edens les plus verts se transforment en champs dévastés. Il aura fallu dix ans au chercheur au CNRS Jean-Louis Michel pour démasquer le prédateur grâce à des recherches in situ, dans l'archipel préservé de Haïda Gwaii. Avec une équipe composée d'un insectologue, d'un spécialiste des arbres, et de botanistes, cet ornithologue va mettre en évidence l'énormité des dégâts causés par l'introduction, fin XIXe, du cerf sur les îles de l'archipel. La différence entre les îlots colonisés par les cervidés et les autres est vertigineuse : sur les premiers, on ne recense plus que quatre à cinq espèces différentes d'insectes, sur les autres, jusqu'à vingt-cinq. La végétation souffre, elle aussi, de l'insatiable appétit de l'animal.
[...] la « morale « de l'histoire - le déséquilibre provoqué par l'arrivée massive d'un corps étranger dans un environnement non préparé à le recevoir [...]
Florence Broizat - Télérama n° 2883 du 13 avril 2005

TV nourrice  Visage

PediBus Le pedibus, "transport" scolaire écolo
Ecole piétonnière
Malgré son nom latin, il ne se prend pas au sérieux. Il emmène les enfants de la maison à l'école, sans bruit ni pollution, sans consommer d'énergie. Le pedibus, qui existe depuis une bonne dizaine d'années au Canada ou en Suisse, a désormais ses fans en région parisienne, à Tremblay-en-France comme à Champigny-sur-Marne. C'est une de ces trouvailles toutes simples mais qui changent la vie, alors que 50 % des parents prennent leur voiture pour conduire leurs rejetons à l'école et que l'on s'inquiète de l'obésité enfantine. De quoi s'agit-il ? Le Pedibus est un bus... sans bus, mais avec des lignes (sept à Tremblay, menant à deux écoles primaires) et des arrêts, où on peut attendre à heure fixe. Les enfants se déplacent en groupe, à pieds, conduits par des parents bénévoles. « Economique, écologique, convivial, le pedibus interroge la notion de transport collectif, dit Georges Amar, responsable de la prospective à la RATP. Sur ce modèle, on pourrait imaginer que des trains de rollers ou des groupes de cyclistes passent du monde des loisirs à celui des transports en commun... »
Dominique Louise Pélegrin - Télérama n° 2884 du 20 avril 2005