Deux siècles de lutte féministe
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[...] Si l'Espagne se situe dans la moyenne européenne, contrairement aux autres pays, le sujet n'y est plus tabou, le débat est ouvert. Reste que, si l'on en croit les statistiques, les Espagnoles ne sont pas en sécurité chez elle : plus de 70 ont été assassinées par leur conjoint en 2003 (aucune plainte n'a été déposée pour les trois-quarts d'entre elles), soit une hausse de 34 % par rapport à l'année 2002, où 52 avaient trouvé la mort. Depuis 1999, les autorités ont dénombré pas moins de 169 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Amnesty en compte, sur la même période, 315 (en intégrant les victimes d'autres membres de la famille ou de l'entourage). D'après Maria Naredo, en charge de ce dossier à la section espagnole d'Amnesty, cette situation tient au fait que « nous vivons dans une société sexiste, discriminatoire et inégalitaire ». Une affirmation confirmée par l'Institut de la femme (Instituto de la Mujer) rattaché au ministère des Affaires sociales, pour qui 11 % des Espagnoles de plus de 18 ans ont été victimes de violence domestique, soit 2 millions de femmes, mais seulement 4 % osent l'avouer.
Autre chiffre inquiétant : de janvier à octobre 2003, les tribunaux espagnols ont reçu plus de 42 000 plaintes pour mauvais traitements ou agression. Une situation telle que la présidente de l'Observatoire contre la violence domestique, Montserrat Comas, estime que « la violence contre les femmes est un problème aussi important que le terrorisme pour notre société ». [...] En France : Les estimations concordent pour dire qu'environ 3 millions de femmes sont victimes de traitements inhumains et dégradants dans la sphère privée, soit une femme sur sept. Un problème qui touche tous les milieux, toutes les cultures. Quatre cents d'entre elles meurent chaque année sous les coups de leur compagnon ou mari. Plus d'une par jour.
La Chronique d'Amnesty n° 208 de mars 2004
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