Accueil "Textes" DERNIERE MISE A JOUR LE 10/04/2004
Lutte | Violences

Deux siècles de lutte féministe

1804 
Le Code civil fait des femmes des mineures à vie, sans droits sur elles-mêmes et leur biens.
1861
Julie Daublé, 37 ans, est la première bachelière française.
1880
Création des lycées de filles.
1902
Marie Curie est le premier docteur en sciences physiques.
1907
Les femmes mariées peuvent disposer de leur salaire.
1920
Les femmes peuvent adhérer à un syndicat sans l'accord préalable de leur mari.
 
Une loi interdit l'accès à toute information sur la contraception et criminalise l'avortement.
1922
Le Sénat refuse le droit de vote aux femmes, pourtant voté par les députés en 1919.
1943
Une femme, Marie Latour, est exécutée pour avortement.
1944
Les femmes ont le droit de vote. Aux législatives de 1946, elles sont 5 % d'élues. Contre environ 15 % aujourd'hui.
1949
Publication du Deuxième Sexe, de Simone de Beauvoir.
1960
La Maternité heureuse devient Mouvement français pour le planning familial. Dix mille adhérentes en 1962, cent mille en 1966.
1965
Une femme peut - enfin ? - exercer une profession et ouvrir un compte en banque sans autorisation de son mari.
1967
La loi Neuwirth abroge pour partie la loi de 1920 et légalise la contraception.
1970
L'autorité parentale se substitue à l'autorité paternelle. La notion de chef de famille disparaît.
 
Création du MLF, Mouvement de libération des femmes.
1971
343 femmes ayant subi un avortement signent un manifeste dit « des 343 salopes ».
1972
Marie-Claire, 16 ans, violée par un camarade de classe et dénoncée par lui pour avortement, est jugée à Bobigny. Elle est défendue par Gisèle Halimi, fondatrice du mouvement Choisir.
1973
Création du Mouvement de libération de l'avortement et de la contraception (MLAC).
1974
Françoise Giroud est nommée secrétaire d'État à la Condition féminine.
1975
La loi Veil autorise l'avortement sous certaines conditions.
 
La loi permet le divorce par consentement mutuel.
1980
La loi élargit la définition du viol et permet aux associations de se porter partie civile.
1981
Yvette Roudy est ministre des Droits de la femme. Yvette Chassagne est le premier préfet.
1986
Allocation parentale d'éducation pour les familles de trois enfants et plus.
1992
Loi sur les violences conjugales et le harcèlement sexuel.
1993
Le « manifeste des 577 » lance le débat sur la parité en politique.
2000
Loi sur la parité.
2003
Un mouvement de filles des banlieues, Ni putes ni soumises, organise une marche de protestation contre la situation qu'elles subissent. Une deuxième marche des femmes arrivera à Paris le 6 mars 2004.
Télérama n° 2825 du 3 mars 2004

Violence domestique

[...] Si l'Espagne se situe dans la moyenne européenne, contrairement aux autres pays, le sujet n'y est plus tabou, le débat est ouvert. Reste que, si l'on en croit les statistiques, les Espagnoles ne sont pas en sécurité chez elle : plus de 70 ont été assassinées par leur conjoint en 2003 (aucune plainte n'a été déposée pour les trois-quarts d'entre elles), soit une hausse de 34 % par rapport à l'année 2002, où 52 avaient trouvé la mort. Depuis 1999, les autorités ont dénombré pas moins de 169 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. Amnesty en compte, sur la même période, 315 (en intégrant les victimes d'autres membres de la famille ou de l'entourage). D'après Maria Naredo, en charge de ce dossier à la section espagnole d'Amnesty, cette situation tient au fait que « nous vivons dans une société sexiste, discriminatoire et inégalitaire ». Une affirmation confirmée par l'Institut de la femme (Instituto de la Mujer) rattaché au ministère des Affaires sociales, pour qui 11 % des Espagnoles de plus de 18 ans ont été victimes de violence domestique, soit 2 millions de femmes, mais seulement 4 % osent l'avouer.
Autre chiffre inquiétant : de janvier à octobre 2003, les tribunaux espagnols ont reçu plus de 42 000 plaintes pour mauvais traitements ou agression. Une situation telle que la présidente de l'Observatoire contre la violence domestique, Montserrat Comas, estime que « la violence contre les femmes est un problème aussi important que le terrorisme pour notre société ». [...]

En France : Les estimations concordent pour dire qu'environ 3 millions de femmes sont victimes de traitements inhumains et dégradants dans la sphère privée, soit une femme sur sept. Un problème qui touche tous les milieux, toutes les cultures. Quatre cents d'entre elles meurent chaque année sous les coups de leur compagnon ou mari. Plus d'une par jour.
La Chronique d'Amnesty n° 208 de mars 2004